19.08.2008
L'éveil du démon

Un tueur en série frappe Paris. « L'équarisseur » comme le surnomme la presse, toujours prompte à trouver des sobriquets aux pires abominations. Il s'attaque à des personnes n'ayant aucune relation les unes avec les autres. Une mort violente, presque immédiate, puis il enlève un membre. Jambe, main, tête et même un cœur. Les policiers, sans une seule piste, sont sur les nerfs. Ils ont bien un brocanteur pour suspect, mais sont obligés de le relâcher faute de preuve. Les policiers, très terre-à-terre, sont loin de se douter que c'est un démon, sur le point de se libérer de la prison de Piranèse située dans le vortex de Montfort qui sème la terreur. Par contre Arnaud de Saint-Glaive, occultiste, à la tête d'un groupe chargé de surveiller Montfort, se doute de ce qu'il se passe. Mais il est impuissant tant qu'il ne connaît pas l'identité du démon et surtout sous quelle enveloppe charnelle il parvient à agir dans le monde réel. Cette passionnante série fantastique, écrite par Isabelle Mercier et Roger Seiter, est illustrée par Max, très à l'aise sur le volet fantastique.
« Dark » (tome 2), Casterman, 9,80 €
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18.08.2008
Dans l'enfer de Verdun
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17.08.2008
Les rois de la bricole
Ne vous laissez pas avoir par la première impression du dessin de Laudrain. Il semble assez sommaire, brouillon et enfantin. En fait, le dessinateur parvient à faire passer beaucoup de choses dans les regards, poses et attitudes de ses personnages caricaturaux à l'extrême. Son petit monde est exclusivement composé de bricoleurs. Pas très doués. Donc source de gags multiples et variés. C'est le second tome et Laudrain n'hésite pas à aborder tous les thèmes, de l'électricité au jardinage en passant par la peinture ou la maçonnerie. Des amateurs d'une bêtise absolue, mais passionnés. Ce n'est bien évidemment pas la série du siècle, mais il faut bien admettre qu'au détour d'un gag on reconnaît un voisin, un ami, voire soi-même, preuve que l'auteur est un bon observateur.
« B. comme bricoleur » (tome2), Vents d'Ouest, 9,40 €
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16.08.2008
Les trois damnées
Il ne faut pas tenter de faire des innovations en magie quand on n'est pas sûr du résultat. Ibrahim, jeune sorcier d'une île imaginaire de la caraïbe en fait les frais. Il tente de mêler vaudou et informatique. Pour impressionner une jolie fille, il tente de faire revivre une damnée. Il essaie trois fois (en crachant de l'alcool frelaté sur de l'argile de Yambomba arrosée du sang d'une poule pondeuse) mais n'obtient que des monticules informes. Ce n'est que quelques heures plus tard qu'il découvre que sa recette n'était pas si mauvaise. Les trois formes se sont transformées en trois êtres vivants : la même personne, Sandra, à trois âges différents. Il y a la Sandra enfant, la Sandra adulte dans la plénitude de ses moyens et la Sandra morte, zombi décharné. Ibrahim va essayer de réparer son erreur car Sandra étant damnée, les démons de l'enfer ont bien l'intention de la capturer pour la ramener dans les flammes des bas-fonds. Une série fantastique ne se prenant jamais au sérieux, par un auteur espagnol, Santiago Arcas au trait ressemblant parfois à celui de Crumb. Il aime les femmes, les femmes ayant du caractère. Sandra, ancienne championne de lutte (l'album a un côté Lucha Libre) n'a pas l'intention de se laisser faire et les démons vont passer un sale quart d'heure.
« Sandra », Vent des Savanes, 12,50 €
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15.08.2008
Glissement dans le temps
Deux humains deviennent les acteurs involontaires d'une guerre du futur, se gagnant grâce à des bonds dans le passé.
Foisonnant, très imagé, plein de bruit et de fureur, ce roman de Neal Asher entraîne le lecteur dans une folle poursuite à travers le passé. Un glissement dans les premiers temps de la Terre, pour mieux repartir et empêcher l'avènement d'un groupe d'humains supérieurement développé mais totalement dépourvu de pitié et de compassion.
Cela débute comme un récit de SF à la Blade Runner. Dans un futur assez proche, Polly, droguée et prostituée pour se payer ses doses, rentre dans son appartement après une dure journée de labeur. Elle tombe nez-à-nez avec Nandru, un ancien militaire du gouvernement centralisé. Il lui reproche d'avoir tué sa sœur, colocataire de Polly, morte d'une overdose. Il explique que sa vengeance sera terrible. Et effectivement, la vie de Polly va basculer. Il implante dans sa nuque une puce d'intelligence artificielle qu'il a dérobé à l'armée. Il la rendra, intacte au gouvernement, si on lui verse une rançon. Mais rien ne se passe comme prévu. Le jour de l'échange, un monstre sortant de nulle part apparaît, une écaille tombe sur le bras de Polly et s'y greffe immédiatement. De plus un soldat du gouvernement, Tack, tue Nandru et prend en chasse Polly.
C'est le moment que choisit Neal Asher pour faire basculer son roman de la SF classique au paradoxe temporel. L'écaille est en fait un parasite qui n'a qu'un but, reculer dans le temps. Avec son porteur. Et tout ce qui se trouve à proximité. Ainsi, alors que Tack est sur le point de tuer Polly, la jeune femme « glisse » dans le passé, entraînant l'exécuteur. Des petits bonds de quelques dizaines d'années. Elle parvient ainsi à échapper à Tack. Mais en accélérant les bonds en arrière, elle comprend rapidement que le phénomène est inéluctable et irréversible. Les deux humains se séparent. Polly se retrouve au large de l'Angleterre en pleine seconde guerre mondiale, laissant Tack désemparé quelques années plus tard. Le soldat, humanoïde cloné, programmé pour tuer et ne pas se poser de questions, est totalement désemparé. Il décide de faire la seule chose qu'il maîtrise : tuer pour survivre.
Voyageur et sauveur
Mais au moment où il va exécuter une famille tranquille, un Voyageur apparaît : « Une silhouette grande et maigre, vêtue d'un long manteau , d'un pantalon ample et de chaussures pointues, sortit de l'ombre sur sa droite. Sa peau était blanche comme l'os, et ses cheveux pâles rassemblés en queue-de-cheval. Son visage n'exprimait que colère et mépris. » Le Voyageur, qui donne son nom au roman, entre enfin en scène. Il mène une guerre contre une congrégation d'êtres supérieurs tentant d'avilir l'humanité. Il va repartir dans le passé, avec Tack (qu'il va au passage « déprogrammer », permettant à l'humain de retrouver une conscience et un libre arbitre).
Ils vont devoir affronter dinosaures et autres grosses bêtes affamées avant de rejoindre une base permettant de remonter le temps. En parallèle, Polly tente de survivre. Accusée d'être une espionne allemande, elle parvient à sauver sa peau en glissant dans le passé. Elle se retrouve jongleuse devant le roi Henri VIII. Une expérience positive. Moins que sa rencontre avec Claudius, empereur roman en pleine conquête de l'île de la Bretagne...
Cette grande variété des scènes et des décors donne un attrait supplémentaire à ce roman qui est avant tout une réflexion sur l'éveil de la conscience d'êtres humains normaux placés dans une situation extraordinaire. Polly, perdant ses réflexes de droguée en manque, explique à Muse, son intelligence artificielle greffée : « Je ne veux pas simplement survivre. Je veux vivre. Je veux comprendre, ressentir. Je devrais considérer... ce voyage comme une chance. J'ai tant de chose à apprendre. » Même son de cloche du côté de Tack. Tueur antipathique au début, il se métamorphose en homme curieux et sensible, comme s'il rattrapait tout cet apprentissage de la vie, la vraie, dont il avait été privé. Une démarche humaine comme une immense bouffée d'espoir et d'air pur.
« Voyageurs », Neal Asher, Fleuve Noir, 22 €
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14.08.2008
L'heure des mutants
Troisième et dernier tome des nouvelles aventures de Zowie. Le blondinet imaginé par Bosse et Darasse a la lourde tâche de sauver le royaume de Magisterra. Il est l'Alpha protecteur alors que sa copine, Zia, une ado gothique, est l'Omega. Problème, un des seigneurs de l'ombre est bien décidé de régner en maître sur Magisterra. Il a donc mis la tête de Zowie à prix. Le jeune héros a une bande de pirates aux trousses et un assassin aveugle utilisant des boites à désintégrer très efficace. La première partie est une course poursuite dans notre monde, avec combats à la clé. Ensuite l'action se déplace à Magisterra. Zia, sceptique au début (tout en étant gothique elle ne croit pas à la magie...) doit admettre que les monstres, zombies et autres mutants existent et qu'ils ne sont pas spécialement amicaux. L'affrontement final permettra à Magisterra de retrouver son calme. Espérons que ces trois tomes, imaginatifs, amusants et bien rythmés, ne seront pas les seuls du renouveau d'une série poétique et novatrice restée trop longtemps dans les oubliettes de la BD.
« Zowie » (tome 3), Dargaud, 9,25 €
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