24.07.2008

Folie et cinéma

1ff63ace685044915712e7588b0efc86.jpgUne bonne série, pour avoir un minimum de chance de s'imposer dans la jungle des sorties, doit avoir quelques atouts dans son jeu. Trop souvent, les personnages sont négligés au détriment de l'intrigue. Ce n'est pas le cas pour "Le testament du Docteur M" de Pécau et Damour. Le premier, scénariste, en plus d'un héros amnésique intrigant, a décidé que les personnages secondaires auraient de fortes personnalités. C'est le cas de Lotte S. Habou, l'inspectrice de police chargée de l'enquête (l'amnésique s'est enfui d'un hôpital psychiatrique en tuant un infirmier). Lotte, ancienne alcoolique, insomniaque, parlant comme un charretier, intransigeante avec le petit personnel, semble totalement désabusée. Il ne lui reste que son boulot. Courir après des meurtriers, c'est tout ce qu'elle a trouvé pour oublier sa déprime... Elle croise dans ce premier tome Fred, archiviste à la PJ. Cette femme corpulente, fumant le cigare, "n'aime que deux choses : les jeunes punkettes et les meurtres avec préméditation, et pas forcément dans cet ordre." Si vous ajoutez à cette distribution des libraires nébuleux et une bourgeoise nymphomane, ne vous étonnez pas si vous devenez accro à cette série qui est également un bel hommage aux débuts du cinéma.
"Le testament du docteur M" (tome 1), Delcourt, 12,90 €

20.02.2007

Frissons urbains

medium_Legendes_urbaines_1.jpgElles vont vous glacer le sang ces légendes urbaines. Corbeyran et Rémi Guérin ont concocté quatre histoires courtes, contemporaines et horribles, confiées aux dessinateurs Guérineau, Henriet, Formosa et Damour. Chaque histoire bénéficie d'une petite présentation par un mystérieux homme, caché derrière des petites lunettes rondes et un grand imper. Il explique le contexte, comme pour préparer l'esprit du lecteur à ce cauchemar du réel. En ouverture, l'histoire de la baby-sitter donne le ton. Un cran dans l'horreur est franchi avec l'histoire de cette étudiante, terrorisées par un monstre sanguinolent grattant derrière sa porte. La plus décoiffante reste celle de cette adolescente, souffrant de cauchemars, retrouvant le calme et la sérénité grâce à son chien, présence nocturne rassurante, notamment quand il lui lèche la main. Sauf que cette nuit-là, le chien ne pouvait plus lécher personne... Un genre qui a connu ses heures de gloire et que ces auteurs remettent au goût du jour. ("Légendes urbaines" Dargaud, 13 €)