16.07.2008

L'école, c'est mortel !

8a4a5c4e0c81392e3a6f22efce3525b6.jpgOn ne choisit pas sa famille. M. J., Mortis Junior, le héros de cette série américaine écrite par Gary Whitta et dessinée par Ted Naifeh est bien placé pour le savoir. Il n'est autre que le fils de la Mort. Son père, il ne le voit pas trop. Il est vrai qu'il a beaucoup de travail. Sa faux a rarement le temps de refroidir. M. J. , dans les premières pages, découvre sa nouvelle école. Il intègre une section spéciale où il sera en compagnie de quelques originaux de son genre (M. J., comme son père, n'a que les os sous son costume...). Il se fait de nouveaux copains : Spot, avorton vivant dans un bocal à roues, Stigmartha dont les mains saignent dès qu'elle est émue, Smith et Wesson, frères siamois reliés par le haut du crâne et enfin Pandore, petite fille curieuse qui ne peut s'empêcher d'ouvrir toutes les boites et autres portes fermées sur l'inconnu. C'est Pandore qui provoquera la catastrophe. En visitant un musée, elle libérera Moloch, démon enfermé par le père de M. J., bien décidé une fois la liberté retrouvée, de livrer le monde aux forces du mal. M. J. devra lutter contre ce « méchant » horrible et sans pitié. Ce premier album, de plus de 150 pages, permet de découvrir l'univers de Mortis Junior et apprécier le trait élégant et précis de Ted Naifeh. « Mortis Junior » (tome 1), Les Humanoïdes Associés, 16,90 €

03.07.2008

La veuve noire

c1298103234172f97f4648690765e21f.jpgBouncer, le manchot, ne se destinait pas à une carrière à la Blueberry. Jodorowsky (scénario) et Boucq (dessin) pensaient plutôt à une série terminée en deux tomes. Simple, juste l'occasion de montrer l'Ouest américain dans toute son exagération. Le succès aidant, un second cycle a vu le jour, en trois albums. Et c'est aujourd'hui un troisième cycle qui débute. « La veuve noire » est une riche propriétaire qui semble vouloir faire le bien de la ville de Barro City. Ses ambitions sont tout autres. Bouncer lui est toujours dans son bar. De gardien il est devenu patron. Toujours aussi bon tireur, il n'hésite pas à jouer d ela gâchette. Pour relancer l'intérêt du lecteur, Jodorowsky a imaginé une nouvelle galerie de personnages. Tous plus réussis les un que les autres. De la prude institutrice avançant masquée à la fille du vieil indien alcolique, sauvée du viol par Bouncer en passant par un incroyable tueur, Axe-Head. Ce colosse a une hache enfoncée dans le crâne. L'enlever le tuerait. Et ses maux de tête lui déclenchent de redoutables accès de violence. Une histoire passionnante servie par un dessin de plus en plus abouti. Boucq est définitivement l'égal des plus grands. « Bouncer » (tome 6), Les Humanoïdes Associés, 12,90 €

07.03.2008

Mégalex, l'épilogue

6bcd407ca9f1c5c81ca7e33871b06047.jpgAprès avoir totalement dématérialisé sa table à dessin, Beltran, revient à la bonne plume ou au pinceau, trempés dans de la simple encre de Chine. Celui qui maîtrisait à merveille ces images en 3D entièrement issues des mémoires des ordinateurs a ressenti le besoin de ce retour à la tradition : « Certaines sensations propres au dessin intuitif commençaient à me manquer. J'essaie d'arriver à l'essentiel de l'image au stade du dessin ». Une évolution radicale qui va également dans le sens de la série. Très technique, avec robots et androïdes, Mégalex s'oriente dans cet épisode final vers plus de nature, notamment dans une immense forêt, et de spirituel. Alors que des millions de clones s'aprètent à mourir, leur vie programmée étant sur le point de s'achever, les rebelles menés par Zéraïn parviennent à pénétrer dans la salle du trône pour assassiner la princesse Kavatah. Mais au moment où il va l'égorger, son bras se paralyse. Irrémédiablement attiré par elle, il prend la fuite en sa compagnie. Dans l'ombre, trois vieux savants semblent tirer les ficelles. Une fin très écologique pour cette série qui a permis de révéler au public toutes les facettes du talent de Beltran. « Mégalex » (tome 3), Les Humanoïdes Associés, 12,90 €

21.10.2007

Pirates indémodables

medium_Jimmy_Jones_1.jpgLes histoires de pirates semblent indémodables. Jimmy Jones, de Francesco Artibani (scénario) et Alessio Coppola (dessin) utilise tous les ressorts de ce genre. En ce jour de juillet 1723, l'animation est grande sur la place publique de Newport à Rhode Island. L'armée anglaise va procéder à la pendaison de 26 pirates récemment capturés. Malheureusement, leur chef, le capitaine Low, n'est pas dans le lot. Dans le public se trouvent Jimmy et sa mère. Son beau-père, Baker, commande l'exécution. Jimmy est à l'âge de la rébellion. Il rejette Baker et encore plus quand ce dernier décide qu'il sera mousse sur un navire de sa majesté. L'adolescent refuse violemment, la tension est à son comble. C'est ce moment que choisit un mystérieux personnage pour contacter Jimmy et lui expliquer qu'il vient d'hériter d'un trois mats et de son équipage. Jimmy, pour contrer son beau-père, décide de quitter le foyer et de profiter de cette occasion pour prendre le large. Aller loin, le plus loin possible. Cette série, débutant de façon très classique, bascule au fil des pages vers un univers plus fantastique et inquiétant. D'où vient exactement ce navire et surtout son équipage, étranges gueules cassées aux attitudes énigmatiques ? On est pris par le suspense ainsi que la beauté des dessins de Coppola rappelant parfois Gillon. ("Jimmy Jones", Les Humanoïdes Associés, 12,90 €)

01.10.2007

Duel

medium_Koma_5.jpgLa petite Addidas est en colère. En fuyant la ville en compagnie de son père ramoneur, elle a échoué dans une maison qui se révèle être une prison. En compagnie de deux autres enfants, eux aussi prisonniers, elle décide de prendre la fuite, malgré le monstre qui semble les guetter dans les sous-sols. Son père, resté dans la maison, découvre les capacités du bâtiment. Durant quelques secondes, on change complètement de personnalité. De plus en plus souvent. Jusqu'à ne plus se souvenir qui on est. 5e volet de cette série fantastique de Wazem et Peeters : le premier imagine ce monde de cauchemar, le second l'illustre d'un trait charbonneux, adapté à cette ambiance angoissante. Koma, Les Humanoïdes Associés, 10 euros

11.09.2007

Monstres marins

medium_Russell_Chase_3.jpgChasseur de trésor dans la mer des Caraïbes, il y a pire comme métier. Pourtant ce n'est pas parce qu'on est presque perpétuellement dans l'eau à 28° que la vie est belle. La belle Erin Kelley le sait. Elle est au bord de la faillite. Il lui faut rapidement des résultats. Chance, elle met la main sur un galion aux cales remplies de lingots d'or. Malchance, l'épave est squattée par un poulpe gigantesque de plus de 20 mètres. Comment neutraliser l'animal pour récupérer le trésor ? Elle a la bonne idée de faire appel, à son ex petit ami, Russell Chase, universitaire expert en cryptozoologie. Après le Loup de Tasmanie et le yéti, cette troisième aventure du héros imaginé par Richard D. Nolane et dessiné par Pasquale Del Vecchio, s'attaque aux monstres des profondeurs. Il devra déployer un luxe d'ingéniosité pour neutraliser la bête sans la tuer. Et suffisamment de temps pour que l'équipe d'Erin puisse plonger dans les entrailles du galion. L'intrigue pourrait être basique si le scénariste n'ajoutait dans les parages l'épave d'un petit avion contenant une mystérieuse mallette activement recherchée par des Américains, puissants et secrets. ("Russell Chase", tome 3, Les Humanoïdes Associés, 10,40 €)

07.08.2007

Chasse aux démons mexicains

medium_Fin_des_temps_1.jpgLes non-conformistes vont adorer. Les autres se demander ce que cette suite de dessins veut bien dire. « La fin des temps » est l'oeuvre majeure de Samuel Hiti, auteur américain qui s'autoédite au pays des comics. Le premier volume, 120 pages en bichromie, permet de saisir la démarche créatrice de cet auteur d'à peine plus de 30 ans. Mario Roman est un charismatique chasseur de démons. Il est investit d'une mission : détruire un démon sévissant dans une petite ville sud-américaine. Tout est dans l'ambiance. Les longues séquences muettes permettent à Hiti de planter le décor. Ruelles étroites, gamins perdus, adeptes du vaudou... Mario Roman, grosse moustache, regard taciturne, tenue de combat, armé de fioles gorgées de potions aux pouvoirs immenses, va chercher et trouver ce démon terrifiant. Un affrontement dantesque, sur une très longue séquence d'une rare virtuosité graphique. Il n'hésite pas à utiliser des doubles pages pour donner encore plus d'ampleur au duel final. Oeuvre inclassable, « La fin des temps » va bien au-delà de la classique bande dessinée. ("La fin des temps", Les Humanoïdes Associés, 14,90 €)

23.07.2007

Lapins putrides

medium_Rats_9.jpgLa longue dérive du peuple des rats au fil de l'eau se poursuit dans ce 9e album de la série. Ils vont aborder une nouvelle île peuplée de gentils lapinos. Est-ce enfin le terme de cette longue galère ? On peut faire confiance à l'esprit caustique de Ptiluc pour trouver de graves inconvénients à ce bout de terre qui pourrait être un petit paradis. En effet, le premier lapin rencontré à des problèmes de cohésion corporelle. En serrant la main d'un rat, il perd son bras. Quelques minutes plus tard, en éternuant, oreilles et yeux se désolidarisent du crâne. Mais cela ne semble pas spécialement l'affecter. Les lapinos, contaminés par un puissant virus, ont muté en cradolapinos, à peu près immortels, mais totalement difformes. L'auteur est allé très loin dans le gore pour bien situer ces monstres à poils. Régime alimentaire abominable, pratiques sexuelles répugnantes, ils sont en plus contagieux. Les rats, s'ils veulent sauver leur peau, vont devoir rapidement trouver une solution pour prendre la poudre d'escampette. Série totalement inclassable, Rats porte un regard décalé sur les maux de notre société. ("Cradolapino", Les Humanoïdes Associés, 9,45 €)