30.07.2008

Trollympiades

faf4f27260a257364185d7ed8fd76bea.jpgLes jeux olympiques débutent dans moins de 15 jours et ce grand barnum médiatico-sportif est bien évidemment prétexte à la publication de quelques BD se raccrochant à l'événement. Dans cette catégorie, il ne faut surtout pas manquer ces « Trollympiades », 11e histoire des Trolls de Troy imaginés par Arleston et dessinés par Mourier. Les esprits chagrins diront que ce n'est qu'une pâle copie du « Astérix aux jeux olympiques ». Que nenni ! Arleston ne renie pas l'influence mais ses situations comiques ont une exagération que jamais Goscinny n'aurait osé imaginer. Cette compétition, organisée par le méchant Rysta Fuquatou pour tenter de repérer les trolls les plus forts et les ensorceler, va très vite dégénérer. Face aux classiques épreuves de force et de lancer, les trolls, jamais pris en défaut dans l'outrance, vont se mesurer dans des compétitions peu banales comme le concours de celui qui fait pipi le plus loin, le lancer de pétaure, le dressage de mouches ou le slam-homme géant (descendre une pente neigeuse à califourchon sur un homme...). C'est truffé de gags et de jeux de mots, le tout illustré par un Mourier au dessin de plus en plus vif et enlevé, tout en force et caricature. Une série incontournable de ces dix dernières années.
« Trolls de Troy » (tome 11), Soleil, 12,90 €

11.06.2008

Zombis dans la brume

f938b1b6d122370f491f1ed533a54620.jpgDes multiples séries imaginées par Jean-David Morvan, Zorn et Dirna n'est peut-être pas la plus connue mais indéniablement une des plus originales. Le scénariste a conçu un monde fantastique où la mort n'a plus la parole. C'est le roi qui a chassé la grande faucheuse, effrayé de sa fin prochaine. Problème, ses sujets sont devenus immortels, mais leurs corps continuent à vieillir. Et quand ils tombent complètement en lambeaux, les âmes se glissent dans le corps d'un bien portant. Dans ce monde rempli de charogne où plusieurs esprits cohabitent dans une même enveloppe charnelle, Zorn et Dirna, deux enfants jumeaux, sont les seuls à avoir le pouvoir de donner la mort. Une menace pour certains, la délivrance pour d'autres. Les deux enfants poursuivent leur fuite dans ce 5e tome, escorté par leur père et leur mère qui ont changé d'enveloppe charnelle et de ce fait de sexe. Cela donne une scène d'amour torride où tout est inversé... Un petit groupe qui se retrouvera aux mains d'une communauté de zombis cachés dans la brume. Une bande cruelle et terrifiante poursuivant une impossible vengeance. Dessinée par Bessadi, cette série regorge de montres en tout genre tous plus effrayants les uns que les autres.
« Zorn & Dirna » (tome 5), Soleil, 12,90 €

29.05.2008

Prisonnier de la coutume

7f9732017be03aa08aeccf20943e43fa.jpgCréé par Crisse, prolongé par Mitric, Kookaburra s'est révélée en quelques années comme une des meilleures séries de SF en bande dessinée. Le premier cycle a été bouclé en cinq albums (trois dessinés par Crisse, les deux derniers par Nicolas Mitric) et ce sixième tome marque le début d'un nouveau cycle, uniquement du au talent de Mitric. On retrouve dans les premières pages le désormais célèbre Dragan Preko (il aura même une série propre dans quelques temps) qui cauchemarde sur son passé. Il a changé d'identité, a pris la fuite et est devenu le patron d'un bar. Mais l'essentiel de l'album se déroule parmi le peuple des Thankars argentés. Ils vivent en paix dans un territoire exigu, mais sûr. Ils vénèrent leurs dieux, Thankorat et Thanikara. A travers les yeux du jeune Loyeen, le lecteur découvre les moeurs de cette civilisation figée et pleine d'interdits. Tant et si bien que Loyeen se sent comme prisonnier de ces coutumes ancestrales. Une atmosphère oppressante allant crescendo jusqu'à la révélation finale relançant une série qui a encore de beaux jours devant elle.
"Kookaburra" (tome 6), Soleil, 12,90 €



Je le fais rarement, mais ne manquez pas l'interview d'Emile Bravo, auteur du "Journal d'un ingénu", la jeunesse de Spirou sur le blog "klare lijn international" : http://klarelijninternational.midiblogs.com/

14.05.2008

Guerre de religieux

862a94c927c01277ed1fa4595b657de6.jpgEn Allemagne, en 1933, alors que Hitler commence à dévoiler ses plans et que la propagande antijuive prend de plus en plus d'essor, d'autres combats se déroulent en coulisse. Eva, jeune étudiante se retrouve malgré elle au centre d'une guerre secrète qui dure depuis des millénaires. Tout commence pour elle quand un chercheur est abattu dans sa rue. Banal meurtre contre un intellectuel juif ou élimination déguisée ? Eva retrouve dans sa boite aux lettres une enveloppe lui donnant quelques clés, virtuelles et réelles. La réelle serait la clé du paradis. Un paradis en opposition à l'enfer qui serait le refuge et l'inspiration de la politique nazie. Dans ce paradis dont elle trouvera le chemin après bien des embûches, une lance divine va lui donner une arme lui permettant de se battre avec des forces occultes très puissantes. Jean-Luc Istin, dans la collection « Secrets du Vatican » mélange avec bonheur deux influences majeures. D'un côté la description de cette Allemagne de plus en plus fanatique, acculant les Juifs à la fuite et de l'autre une intrigue fantastico-religieuse subtile et originale. Rodier, au dessin, à côté d'une reconstitution historique rigoureuse, se lâche dans les décors grandioses du monde caché.
« L'ordre des dragons », Soleil, 12,90 €

12.05.2008

Trio d'aventuriers

dbf6f5b504689bc20bcdd65b535b1bfb.jpgJean-Charles Gaudin, avec Arleston, mais dans un registre plus sérieux, fait partie des scénaristes vedettes des éditions Soleil. Après le succès de Marlysa (déjà 8 tomes) et du Feul (seulement 2 tomes...), il se lance dans une nouvelle histoire de fantasy initiatique. Avec au dessin un jeune (25 ans) débutant, Dimitri Armand, affichant une aisance et une virtuosité que nombre de « vieux de la vieille » espèrent toujours atteindre malgré leurs piles d'albums. Reste à connaître le rythme de production d'Armand, car être talentueux ne suffit pas si on est trop lent. Paradoxe d'un système demandant toujours plus à des auteurs en plein apprentissage. Gaudin a imaginé une histoire de double personnalité. Talkinn et Evrane, deux jeunes adultes, et Lorky, encore adolescent, rêvent d'une vie trépidante, les armes à la main et la liberté comme seule récompense. Ils vont devoir batailler pour échapper à leur destin de paysan ou de femme au foyer. En découvrant une amulette magique, ils vont changer leur destin. Et leur âge puisqu'ils pourront par magie passer de leur âge réel à un autre, un peu plus mature.
« Angor » (tome 1), Soleil, 12,90 €

09.04.2008

En piste pour les souvenirs de cirque

ac7d4343b2624bb3f1c33107f2ee8ba9.jpgLa mode est aux autobiographies dessinées. Rudy Spiessert, dessinateur de Ingmar et du Stéréo Club, dans « Les villes d'un jour », raconte son enfance. Par chance, son quotidien était peu banal : il jouait avec des éléphants, ramassait des paillettes dans de la sciure de bois, n'allait jamais à l'école, déménageait tous les jours, rencontrait régulièrement des magiciens et des clowns espagnols. Ses parents étaient employés dans un grand cirque et il a sillonné 11 mois sur 12 les routes de France dans une caravane, admirant le spectacle caché sous les gradins. Même ceux qui n'aiment pas le cirque seront sensibles à ces histoires simples et belles.
« Les villes d'un jour », Soleil Quadrants, 9,90 €

27.02.2008

Double Prison break

6cbbba2dcad34cf2970b66f439c6879e.jpgJena et Jim, les deux héros de cette série, sont en fait la même et unique personne. Deux corps différents liés par un miroir magique. Quand l'un est dans la réalité, l'autre est coincé de l'a utre côté de la glace. Ils peuvent s'échanger les places mais jamais se trouver ensemble dans la réalité. Une contrainte qui peut devenir un atout. Dans ce sixième volume, « L'affaire du détenu 3491 », Jim est emprisonné. Ce policier d'élite est lâché par son service. Il va devenir ami avec un des plus gros parrains de la mafia locale. Une amitié qui va aller jusqu'à se faire la "belle" ensemble. Jim a-t-il définitivement changé de camp, préférant les malfrats aux forces chargées de faire respecter l'ordre ? Le lecteur plongera facilement dans cette aventure pleine de trahisons et de double-jeu. Jim est intrépide, Jena, séduisante et les personnages secondaires tous très réussis. Une plus grande maturité du dessin de Cyril Trichet parachève la très bonne impression laissée par cet album.
« Les arcanes du Midi-Minuit », Soleil, 12,90 €

19.02.2008

La planète des songes

791d4b35b5c11643707503d20a61529e.jpgEtrange cocktail que cet album franco japonais. Le scénariste, Kara, est passé par les Gobelins, le dessinateur, Masa, est un célèbre mangaka du pays du soleil levant. Ils se sont associés pour cette histoire complète de science-fiction onirique explorant les consciences de trois jeunes héroïnes. Dans un futur lointain, la planète est déchirée par une guerre civile. Le fiancé de Marie, jeune infirmière, part au front pour lui prouver son amour. Il n'en reviendra pas. Marie, rongée par la tristesse, s'engage dans l'armée spatiale et devient une des trois femmes composant l'équipage d'un vaisseau d'exploration. Elles se posent sur une planète qui serait habitable par les humains. Elle explore ce monde neuf. Un désert en fait, sans vie. Jusqu'au jour où elles découvrent d'immenses ruines et au centre de ces dernières rencontrent un petit garçon muet et en haillons. Qui est-t-il ? D'où vient-il ? Ces simples questions vont obliger les trois jeunes femmes à se remettre en cause, chercher des réponses dans leur propre parcours. Sur cette planète, les rêves de certaines semblent la réalité des autres. Une belle histoire, en ellipse, beaucoup plus intellectuelle que le dessin ne pourrait le laisser penser.
« Réalités », Soleil, 13,90 €

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Masa, Kara, Soleil

03.02.2008

Jeu spatial

15f2256d3e6b6228dabf7dc3edbfd40c.jpgArleston, en dehors du monde de Troy, a lancé nombre de séries ces dernières années. Plus ou moins réussies tant du côté du texte que du choix des dessinateurs. Mais s'il en est une une qui ressort du lot, c'est bien « Les naufragés d'Ythaq ». Un récit de science-fiction qui paraissait basique au vu des premiers albums mais qui se révèle beaucoup plus fin et recherché quand on referme ce cinquième tome. Un vaisseau spatial s'est écrasé sur la planète Ythaq. Parmi les rescapés, Granite, astro-navigatrice passionnée et allergique à la hiérarchie, Callista, jeune aristocrate sexy et Narvarth, technicien touche-à-tout, sorte de McGyver jamais à court d'idées. Trois personnages principaux que l'on retrouve dans le vaisseau échoué, pris d'assaut par les hordes de soldats de Khengis. La bataille est dantesque, donnant l'occasion à Adrien Floch, le dessinateur, de faire admirer son art du mouvement et des compositions de masse. La mort frappe à tour de bras et pourtant certains protagonistes semblent peu concernés, comme happés par un jeu à l'échelle de l'espace et de l'univers.
« Les naufragés d'Ythaq », Soleil, 12,90 €

02.01.2008

Mets de monstres

bbe69833530334b5ac5b407c58a2839e.jpgAlbert Colin a un bon job. Ce livreur de pizza serait comblé si la clientèle changeait un peu. Manque de chance, son créateur, Augustin, a décidé de le faire trimer dans un monde d'héroïc fantasy. Résultat, quand un troll commande une calzone, mieux vaut être à l'heure. Cette série de gags a vu le jour dans la revue Lanfeust et c'est déjà le troisième recueil qui vient combler les fans. Augustin, par ailleurs assistant de Midam dans « Game Over », a tendance à martyriser son héros. Rencontre avec un dragon, une princesse par intérim, un génie, des jedis, des gueux en révolte et autres sorciers facétieux : la vie d'Albert est palpitante. Les pizzas arrivent rarement en entier, le livreur jamais. Et quand Albert Colin découvre que son entreprise lui octroie un âne pour effectuer ses livraisons, il croit qu'il a été promu alors qu'en fait c'est l'âne qui a été rétrogradé. Car ce héros est véritablement calamiteux, comme tous les bons personnages de BD comique...
« Héroic Pizza », Soleil, 9,45 €

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