22/10/2008

PORTABLES, JE VOUS HAIS



Il fût un temps, pas si éloigné que cela, où être contre les téléphones portables n'était pas complètement incongru. Aujourd'hui, alors qu'il y a plus de portables que de lignes fixes, c'est la posture inverse qui est complètement iconoclaste. Comment, vous n'avez pas de portable ? Comme si c'était une tare. Il n'y a pas de ce genre de question dans le tome 2 de « La tribu des insu portables » écrite et dessinée par Aré. Au contraire, dans cette famille classique, tout le monde a son mobile, le père, pas très à l'aise avec les technologies modernes, la mère, qui apprécie le côté bijou, le grand fils, fondu de technologie, la cadette, qui le recycle en carnet intime. L'attitude du petit dernier est plus réservée. Il est persuadé que ces engins sont une invention des extraterrestres pour contrôler et envahir la Terre. Des gags souvent très réalistes tant cet objet du siècle offre de possibilités.
« La tribu des insu portables » (tome 2), Vents d'Ouest, 9,40 €




10/10/2008

La campagne, ce cauchemar...



Ce qui arrive à Carmilla, adolescente urbaine contemporaine, on ne le souhaite pas à ses pires ennemis. Son père, comme possédé par le démon de l'écologie, décide de changer radicalement de mode de vie. Terminé la vie en appartement, vive le grand air de la campagne. Problème, la ferme tombe en ruine. Ecrite par Lorris Murail et dessinée par Laurel, cette série jette un regard moqueur sur ces citadins qui tentent de mettre leurs actes en conformité avec leurs idées. Et ce n'est pas facile. En plein hiver, la famille débarque dans une maison glaciale, dans un décor sinistre de campagne grise et triste. Et les clichés vont être alignés avec une belle régularité. Le compost sent mauvais, les éoliennes font du bruit, les légumes du jardin bio sont dévorés par les bestioles, il fait froid et les veillées en famille sont moins passionnantes que les dernières péripéties des élèves de la Starac... On ne comprend pas si c'est du premier ou second degré. Si les auteurs ont décidé de dégoûter les jeunes de la nature où s'ils se moquent de ces jeunes, dégoûtés de la nature. Ce petit manque de lisibilité dans le message ne doit pas cacher le très joli dessin de Laurel, doux, rond et enfantin.
« Le journal de Carmilla » (tome 3), Vents d'Ouest, 9,40 €

07/10/2008

Centenaires



Paru au cœur de l'été, ce pavé de plus de 550 pages reprend douze histoires des Pieds Nickelés de Forton et Pellos. Et surtout vous trouverez en début de volume un long texte de François Coupez retraçant toute l'histoire de ces personnages qui ont traversé le XXe siècle. Car ce 7e volume de l'intégrale, est un spécial 100 ans. Lancé en 1908, le trio aurait cette année un siècle. Longtemps symboles d'un certain esprit frondeur, typique des Gaulois, c'étaient de formidables anarchistes, toujours prêts à monter des combines pour s'enrichir au détriment du Bourgeois ou de l'Etat. Dans cette brique de papier, vous aurez le choix entre de très anciennes histoires, avant 14-18, et d'autres plus récentes de Pellos, sur des scénarios de Montaubert.
« Le meilleur des Pieds Nickelés », 560 pages, Vents d'Ouest, 30 €